Dimanche de saint Grégoire Palamas

Avant-propos sur le Dimanche de saint Grégoire Palamas

        Nous remarquerons que l’épître et l’évangile de ce jour n’ont aucune relation à saint Grégoire Palamas, dont le calendrier associe cependant le nom au deuxième dimanche de Carême.

C’est que la commémoration de saint Grégoire Palamas n’a été introduite qu’au XIVème siècle, alors que la structure liturgique de ce dimanche se trouvait déjà fixée selon d’autres lignes.

La mémoire de saint Grégoire Palamas est évoquée dans les offices de vêpres et de matines. Saint Grégoire Palamas a exposé et défendu, au cours de vives controverses, la doctrine théologique relative à la « lumière » divine.

Les textes de l’office n’entrent pas dans des détails ou de précisions sur les conceptions propres à saint Grégoire Palamas, mais parlent d’une manière générale de la lumière et de Celui qui a dit : « Je suis la Lumière du monde ».

Dans un raccourci très substantiel, un des textes de matines associe trois idées : celle du Christ qui illumine les pécheurs, celle de l’abstinence du Carême et celle de la parole, « lève-toi », que le Sauveur adressait au paralytique et que nous adressons maintenant à lui-même :

« Tu as apporté, ô Christ, la lumière à ceux qui vivaient dans les ténèbres du péché, dans cette saison d’abstinence. Montre-nous donc le glorieux jour de ta Passion, afin que nous puissions crier vers toi : Lève-toi, ô Dieu et aie pitié de nous ».

 

Épître : Hébreux (1 : 10 -2 :3)

L’évangile du premier dimanche du Carême s’achevait sur une allusion au ministère des anges. Et ce sont aussi les anges qu’évoque l’épître d’aujourd’hui. Le texte sacré compare le ministère des anges à celui, tellement plus grand, du Sauveur lui-même. Si la désobéissance aux messages que nous transmettent les anges est justement punie, combien plus sera puni l’homme qui néglige le salut annoncé et apporté par le Christ ! Car « auquel des anges a-t-il jamais été dit : Assieds-toi à ma droite jusqu’à ce que je fasse de tes ennemis ton marchepied ? ».

 

Evangile : Marc (2 : 1-12)

L’évangile de ce jour relate la guérison du paralytique de Capharnaüm.

Jésus lui pardonne ses péchés, et, comme les scribes s’étonnent de ce qu’un autre que Dieu puisse pardonner les péchés, il répond : « Quel est le plus facile, de dire au paralytique : tes péchés sont pardonnés, ou de lui dire : lève-toi, prends ton grabat et marche ? Pour que vous sachiez que le Fils de l’homme a le pouvoir de remettre les péchés sur la terre, je te l’ordonne…lève-toi, prends ton grabat et rentre chez toi ».

Le thème central de cet épisode est la puissance à la fois du pardon et de guérison que possède le seigneur Jésus. Puis il y a l’affirmation -plus, la démonstration- que la guérison et le pardon ne doivent pas être séparés.

Le paralytique, couché sur son lit, a été déposé aux pieds du Christ. Or la première parole de Jésus n’est pas : « Sois guérie », mais : « Tes péchés te sont pardonnés ».

Dans nos maux physiques, avant même d’implorer la délivrance matérielle, nous devons prier pour notre purification intérieure, pour l’absolution de nos fautes.

Enfin Jésus ordonne au paralytique guéri d’emporter son lit à la maison. D’une part la foule sera mieux convaincue de la réalité du miracle si elle voit cet homme rendu assez fort pour porter son grabat. D’autre part, celui qui a été pardonné, intérieurement changé par Jésus, doit montrer à ceux de sa maison, par quelque signe évident (non plus en portant un lit, mais par les paroles, les actes, les attitudes), que c’est un homme nouveau qui reprend place dans son entourage. 

D’après : L’An de Grâce du Seigneur tome 1, Editions An-Nour Page 27-29 par un Moine de L’Eglise D’Orient