Dimanche de saint Jean Climaque

Avant-propos sur le Dimanche de saint Jean Climaque

L’Eglise appelle aujourd’hui notre attention sur saint Jean Climaque, parce que ce Père, qui vécut au VIIe siècle, réalisa dans sa vie l’idéal de pénitence que nous devrions avoir sous les yeux pendant le Carême.

« Honorons Jean, fierté des ascètes…», chantons-nous aux vêpres.

Aux matines, nous disons au saint : «  En amaigrissant ton corps par l’abstinence, tu as renouvelé la puissance de ton âme, l’enrichissant de gloire céleste ».

Cependant l’Église donne de la doctrine de saint Jean Climaque une interprétation correcte quand elle proclame que l’ascèse n’a aucun sens ni aucune valeur si elle n’est pas une expression de l’amour et quand, encore aux vêpres, elle adresse au saint ces paroles : « C’est pourquoi tu nous conjures : Aimez Dieu et vous vivrez dans son éternelle bienveillance, ne mettez rien au-dessus de cet amour ».

 

Épître : Hébreux (6 : 13-20)

Nous continuons à la liturgie, la lecture de l’épître aux Hébreux. Elle nous parle de la patience et de l’endurance d’Abraham et de la réalisation finale des promesses que Dieu avait faites au patriarche. Il est impossible à Dieu de mentir. C’est pourquoi, comme Abraham, nous sommes « encouragés…- nous qui avons trouvé un refuge – à saisir fortement l’espérance qui nous est offerte ». Vivons-nous de cette grande espérance ?

 

Évangile : Marc (9 :16-30)

L’évangile décrit la guérison d’un fils muet, possédé du démon, que son père amène à Jésus. Le Seigneur dit au père : « Si tu peux croire, tout est possible à celui qui croit ». Le père s’écrie, avec des larmes « Je crois , mais aide mon incrédulité ».

Nous ne pourrions trouver une meilleure formule pour exprimer en même temps l’existence de notre foi et la faiblesse de cette foi.

Mais sommes-nous capables de pleurer avec des larmes ardentes quand nous disons à notre Sauveur : « Je crois…mais aide mon incrédulité ! ». Jésus a pitié du père. Il accepte une telle foi. Il guérit le fils. Les disciples, parlant au Maître en particulier, lui demandent pourquoi eux-mêmes n’ont pu chasser ce démon. Jésus répond : «  Cette espèce-là ne peut sortir que par la prière ».

N’allons pas croire qu’une abstinence prolongée et des prières répétées suffisent à donner cette force que les disciples ne possédaient pas encore. La prière et le jeûne, au sens le plus profond de ces mots, signifient la renonciation radicale à soi-même, la fixation de l’âme dans cette attitude de confiance et d’humilité qui attend tout de la miséricorde de Dieu, la soumission de notre volonté à la volonté du Seigneur, la remise de notre être tout entier entre les mains du Père. Celui qui – par la grâce de Dieu – atteint cet état peut chasser les démons. Ne pourrions-nous pas faire au moins les premiers pas dans cette voie ? Si nous essayons, nous serons étonnés des réussites que nous obtiendrons.

D’après : L’An de Grâce du Seigneur tome 2, Éditions An-Nour Page 31-32 par un Moine de L’Église D’Orient