Dimanche de sainte Marie l’Égyptienne

Avant-propos sur le Dimanche de sainte Marie L’Égyptienne

Il n’est pas possible d’établir avec certitude ce qui est la part de l’histoire et ce qui est la part de la légende dans les traditions relatives à « sainte Marie l’Égyptienne ».

Il vaut mieux admettre simplement le fait que l’Église a voulu faire d’elle, comme nous le chantons à matines, « un exemple de repentir ». Elle est un symbole de conversion, de contrition et d’austérité. Elle exprime, en ce dernier dimanche de Carême, le dernier, le plus pressant appel que l’Église nous adresse avant les jours sacrés de la Passion et de la Résurrection.

Épître : Hébreux (9 : 11-14)

L’épître lue à la liturgie compare le ministère du Christ à celui du Grand-Prêtre hébreu. Celui-ci entrait une fois, chaque année, dans le Tabernacle, mais le Christ « entra une fois pour toutes dans le sanctuaire…nous ayant acquis une rédemption éternelle ». Le Grand-Prêtre purifiait et sanctifiait les fidèles en répandant sur eux le sang et les cendres de victimes. « Combien plus le sang du Christ, qui par l’Esprit éternel s’est offert lui-même sans tâche à Dieu, purifiera-t-il notre conscience des œuvres mortes afin que nous rendions un culte au Dieu vivant ? ».  

Évangile : Marc (10 :32-45)

L’évangile décrit la montée de Jésus vers Jérusalem, avant sa Passion. Jésus  prend à part les Douze Apôtres et commence à leur dire qu’il sera livré, condamné, mis à mort, et qu’il ressuscitera. Au seuil de la Semaine Sainte, nous arrive-t-il d’être « pris-à-part » par le Sauveur pour une conversation intime où il nous explique le mystère de la Rédemption ? Demandons-nous au Maître de nous faire connaître plus profondément ce qui se passe pour nous au Golgotha ? Donnons-nous à Jésus la possibilité d’un tel entretien secret ? Saisissons-nous les occasions d’un tête-à-tête avec le Seigneur ?

Puis voici que les fils de Zébédée s’approchent de Jésus et lui demandent d’être assis dans sa gloire, l’un à sa droite, l’autre à sa gauche. Jésus leur pose-et nous pose à nous-mêmes– cette question : « Pouvez-vous boire la coupe que je dois boire ? ». Le Maître explique alors aux disciples que la vraie grandeur consiste à servir. « Le Fils de l’homme…n’est pas venu pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour une multitude ».

 

Épilogue : Lueurs de l’entrée dans la Semaine Sainte

         Le soir de ce dernier dimanche de Carême laisse déjà entrevoir des lueurs de l’entrée dans la Semaine Sainte, dimanche prochain.

Dimanche prochain sera le dimanche de Lazare, que Jésus ressuscita. Or les vêpres célébrées le soir du cinquième dimanche de Carême annoncent déjà Lazare le ressuscité en faisant allusion à Lazare, le pauvre de la parabole évangélique. « Permets que je sois avec le pauvre Lazare et délivre-moi du châtiment du riche…Donnons-nous de rivaliser avec son endurance et sa longanimité ».

L’Église, en quelque sorte impatiente d’entrer dans les jours très saints qui commenceront la semaine prochaine, nous presse, ce dernier dimanche de Carême, d’aller au-devant de la fête que nous célèbrerons dans sept jours : « Élevons des chants d’offrande pour le Dimanche des Rameaux, pour le Seigneur venant glorieusement à Jérusalem faire mourir la mort par sa divine puissance…Préparons avec foi les bannières de la victoire en criant : « Hosannah au créateur de tout ! » 

D’après : L’An de Grâce du Seigneur tome 2, Éditions An-Nour Page 32-44 par un Moine de L’Église D’Orient