Pâques dans notre vie

Christ est ressuscité ! Ceci doit pénétrer notre vie, sinon notre foi est vaine.

La Résurrection est une réalité, une réalité quotidienne.

Pour les apôtres et les disciples, la Résurrection, c’est le Christ Qui s’est levé du tombeau et qui vit avec eux. C’est l’apparition du Christ à Marie de Magdala, aux deux disciples qui faisaient route vers Emmaüs, aux apôtres alors que les portes étaient closes, à Thomas, aux apôtres quand il a mangé avec eux du poisson et du miel…

Son apparition aux disciples après la Résurrection sous différents aspects n’est rien d’autre que le signe de la pérennité de la vie du Christ avec les chrétiens (par l’Esprit Saint) dans tous les aspects de leur vie : « voici que Je suis avec vous pour toujours jusqu’à la fin du monde » (Mt 28, 20).

Lorsque « nous nous prosternons devant la Sainte Résurrection du Christ », en réalité nous nous prosternons devant Jésus présent parmi nous, et nous nous exclamons avec Marie de Magdala : « Rabbouni ! » ; et avec les apôtres : « C’est le Seigneur » ; et avec Thomas : « Mon Seigneur et mon Dieu ! ».

Présence timide, presque invisible… Il apparaît à Marie de Magdala « comme le jardinier », se joint aux deux disciples d’Emmaüs comme un « étranger » ; à Pierre et à ses compagnons qui pêchaient, Il apparaît de loin, depuis le rivage, et ils n’osèrent l’interpeller. Il mangea avec eux du poisson grillé et du miel… Il entra dans leur vie directement, en toute simplicité, dans les plus simples aspects de leur vie.

Pâques éloigne la peur, le trouble et l’angoisse :

– « Jésus leur dit : ne craignez point » (Mt 28,10),

– « L’ange …dit aux femmes : Ne craignez point, vous » (Mt 28 :5),

– « Paix à vous » (Jn 20, 26 et Lc 24, 36).

Pâques éloigne le doute et la confusion :

– « Ne deviens pas incrédule, mais croyant » (Jn 20, 27),

– « Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts ? » (Lc 24, 5),

– « Ne vous effrayez pas ! » (Mc 16, 6),

– « Il leur reprocha leur incrédulité et leur obstination » (Mc 16, 14).

Pâques s’adresse à chacun de nous personnellement :

– « Marie ! » (Jn 20, 16),

– « Quels sont donc ces propos que vous échangez en marchant ? » (Lc 24, 17),

– « Allez donc, de toutes les nations faites des disciples » (Mt 28,19)

Pâques nous comble de joie :

– « Ils retournèrent à Jérusalem en grande joie » (Lc 24, 52),

– « Quittant vite le tombeau, tout émues et pleines de joie, elles coururent… » (Mt 28, 8),

– « Heureux ceux…qui ont cru » (Jn 20, 29).

Pâques prend soin de nous d’une manière pratique :

– « Venez déjeuner » (Jn 21, 12).

Pâques nous fortifie contre nos péchés :

– « En mon Nom ils chasseront les démons » (Mc 16, 17).

 

Pâques raffermit notre filiation au Père, nous élève vers Lui :

– « Va trouver mes frères et dis-leur : Je monte vers Mon Père et votre Père » (Jn 20, 17).

Pâques reste un « passage », en d’autres termes un dépassement et une kénose perpétuelle de soi, une sortie de soi… pour vivre « la vie en abondance ». La Résurrection est comprise dans la Rédemption, elle jaillit de la Croix, « si le grain de blé ne meurt… », « Devant Ta Croix nous nous prosternons, ô Maître, et Ta Sainte Résurrection nous la glorifions et la chantons ».

Toutefois, l’aspect repos et joie – la réalité Tombeau et Résurrection – est, en fin de compte, plus fort que l’aspect Croix et Passion. Car la Croix et la Passion aboutissent à Pâques qui est la « nouvelle création »… qui nous fait passer « de la mort à la vie et de la terre aux cieux », grâce à laquelle « les cieux et la terre se réjouissent » et « le monde entier, visible et invisible, est en fête ».

C’est une joie universelle, rayonnante, triomphante, une joie qui ne connaît de limite ni dans le temps, ni dans l’éternité. Christ est Ressuscité et « toute la création est inondée de lumière », tout est submergé d’un amour qui n’exclut personne : « vous qui avez jeûné, et vous qui n’avez pas jeûné, entrez tous dans la joie du Seigneur ! » … et tout est clarté et paix : « Frères, même à ceux qui nous haïssent, pardonnons tout à cause de la Résurrection ».

C’est comme si nous vivions le mystère de la création au moment de la genèse : « Dieu vit tout ce qu’Il avait fait : cela était très bon » (Gn1, 31). Tout est nouveau et bon. Tout est pur, lavé dans le sang de l’Agneau…

Père Elias Morcos

Higoumène Elias (+23 février 2011)
Texte traduit de l’arabe par Maha Ofeich

 

Père Elias (Morcos) de bienheureuse mémoire, un des fondateurs du Mouvement de la Jeunesse Orthodoxe, et artisan de la renaissance du monachisme en l’Église d’Antioche, fondateur du Monastère saint Georges de Deir El Harf.